Vérifier la notification reçue
La première action : lire attentivement le courrier de notification envoyé par la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées). Ce document mentionne : les motifs détaillés, les éléments manquants le cas échéant, et surtout les voies de recours possibles.
Demande de médiation : une ouverture à envisager avant d’entamer les démarches formelles
Depuis la loi "pour une République numérique" (2016), la médiation préalable est encouragée pour désamorcer un litige. Elle n’est pas obligatoire, mais de nombreuses MDPH proposent la désignation d’un médiateur interne ou indépendant. Ce dispositif a permis d’aboutir à un accord amiable dans plus de 30 % des cas en 2022 (source : CNSA).
- Prendre contact rapidement avec la MDPH : le médiateur examine avec vous les raisons du refus ou de la réduction.
- Une solution à l’amiable peut souvent aboutir à la réévaluation du dossier sans procédure formelle.
- Cette démarche n’interrompt pas les délais pour les autres recours.
Le recours gracieux auprès de la MDPH
Le plus répandu, il consiste à demander à la MDPH de revenir sur sa décision, à partir de nouveaux éléments ou d’arguments convaincants.
- Envoyer une lettre recommandée avec AR dans les deux mois suivant la notification.
- Joindre tout justificatif utile (certificat médical actualisé, devis, attestations…)
- Exposer clairement son désaccord et préciser les points à revoir.
Selon le rapport 2021 de la CNSA, 16 % des recours gracieux aboutissent à une révision positive de la décision initiale. Le taux grimpe quand un nouveau document médical appuie le dossier.
Le recours contentieux : Saisir la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH)
Si le recours gracieux échoue ou reste sans réponse, il est possible de saisir formellement la CDAPH, instance de la MDPH qui statue sur les droits accordés.
- La demande doit être formulée par écrit, en explicitant très clairement les arguments, les difficultés rencontrées et les besoins non couverts.
- La présence d'un avocat n'est pas obligatoire, mais elle peut rassurer dans certains cas complexes.
- L'audition en commission n’est pas systématique, mais il est possible de demander à présenter son dossier oralement.
- Le délai pour un retour varie de 2 à 6 mois selon les départements.
Point marquant : la CDAPH réexamine les pièces et écoute (quand c’est possible) la personne concernée. Selon la DREES, près d’un quart des décisions de la CDAPH reviennent sur le refus initial, notamment si la réalité de l’accompagnement au quotidien est mieux documentée.
Élargir le recours : En justice administrative
- Si tous les recours auprès de la MDPH et de la CDAPH sont épuisés et si la décision paraît manifestement injuste, le tribunal administratif peut être saisi dans un délai de deux mois.
- Cette voie nécessite souvent un accompagnement (association d’usagers, avocat spécialisé, défenseur des droits…)
- Le juge examine la légalité de la démarche. En cas de victoire, la MDPH doit respecter la décision et attribuer la PCH (voire verser des arriérés).
À noter : les statistiques du ministère de la Justice montrent un taux de décision favorable de 30 % pour les usagers dans les litiges opposant particuliers et MDPH concernant la PCH en 2022.