Les pouvoirs publics ne ménagent plus leurs efforts : sanctions financières, pénales et administratives. Voici ce à quoi s’expose un responsable de bâtiment ou un exploitant d’établissement en infraction.
Sanctions administratives : amendes et fermetures
- Amende administrative : jusqu'à 45 000 € pour une personne physique et 225 000 € pour une personne morale. Cette sanction, prévue dans le Code de la construction et de l’habitation (article L. 152-4), vise les ERP ou logements ne respectant pas les règles.
- Fermeture administrative temporaire ou définitive : ordonnée par le préfet si la mise en conformité n’a pas été faite dans les délais impartis. Cette mesure, encore rare, menace les établissements les plus récalcitrants.
Par exemple, en 2022, sur plus de 340 000 établissements contrôlés, plus de 1 500 amendes ont été prononcées et une centaine de fermetures décidées (source : Ministère de la Transition écologique).
Sanctions pénales : des peines de prison possibles
- Amende pénale pouvant atteindre 45 000 € en cas de non-respect des règles d’accessibilité lors de la construction ou de la rénovation (personne physique) et jusqu’à 225 000 € pour une personne morale.
- Peine d’emprisonnement d’un à six mois (article L. 152-4 du Code de la construction).
- Sanctions aggravées en cas de récidive.
Ce volet reste rare mais il a un effet dissuasif. Rendre inaccessible un bâtiment n’est plus un simple “oubli” aux yeux des juges, mais un refus délibéré de respecter un droit fondamental.
Amendes liées au non-respect des Ad’AP (Agenda d’accessibilité programmée)
Le dispositif Ad’AP donnait un délai supplémentaire, sous conditions, pour réaliser les travaux d’accessibilité dans les ERP. Si l’établissement n’a pas respecté ce calendrier, il risque :
- Une amende forfaitaire de 1 500 € à chaque manquement constaté (arrêté du 20 avril 2017).
- L’obligation de recommencer toute la procédure administrative.
Attention, les contrôles sont de plus en plus fréquents, surtout dans les grandes villes et les bassins touristiques.
Responsabilité civile : réparation des préjudices
Une personne lésée (usager, association, etc.) peut intenter une action en justice pour demander réparation. La jurisprudence donne régulièrement raison aux plaignants, obligeant l’établissement à financer des travaux ou à verser des dommages et intérêts.